Crise d’adolescence ou maladie ?

Retour aux articles

Retranscription de la conférence donnée par Dr Nathalie Gingras, psychiatre, Programme DIPP du Centre universitaire de Québec - Le 17 juin 2006 – retranscription par Benjamine Gill.

Introduction
L’adolescence est une période importante dans la vie d’un individu. C’est un carrefour où plusieurs éléments se précisent. C’est aussi une période d’adaptation significative pour les parents et le jeune.

Lors de la présentation, nous réviserons ce qui est caractéristique d’une adolescence normale, puis nous aborderons les différents visages des problèmes de santé mentale afin d’outiller les jeunes et leur famille à reconnaître ces indications.

Qu’est-ce que l’adolescence ?
Définition du mot Adolescence : Vient du latin adolescere qui signifie grandir.

Dr Gingras explique les différentes phases de l’adolescence, entre autres : La recherche d’identité et l’affirmation de soi. Elle signale aussi que les filles arrivent plus tôt à cette période d’adolescence que ne le font les garçons.

Les difficultés énoncées : « difficulté d’établir sa propre identité (tout en étant comme les autres) accession à l’autonomie, sa place dans le groupe et comment y accéder? ». Tout ça ressemble à la normalité que nous avons observée chez les adolescents. Par contre Dr Gingras nous rappelle que c’est à la période d’adolescence que s’effectue le développement cognitif, l’aptitude à la pensée abstraite et l’époque des grandes questions. C’est aussi à cette période que le développement moral fait son nid ; le sens de la justice est très présent chez l’adolescent. Il s’attend à être respecté dans le choix de ses valeurs comme il s’engage aussi à le faire envers les autres.

L’adolescence est une phase d’adaptation
L’adolescence n’est pas un problème, mais une phase d’adaptation. L’Individu doit s’adapter à différentes étapes de sa vie, selon qu’il est un bébé, un enfant, un adolescent, un jeune adulte, un adulte, une personne d’âge mûre et un vieillard. Chacune de ces phases ayant son lot d’exigences, il s’agit maintenant de déceler ce qui pourrait nous sembler un comportement à risque d’équilibre mental chez l’adolescent. On ne parle donc plus de crise mais de différentes phases, parfois traversée de manière plus ou moins difficiles.

Des signes qui pourraient nous questionner :
-Le fait de ne pas réussir à se faire des amis est un indicateur de risque d’inadaptation sociale si cette relation semble durable

-30 à 75% des jeunes envoyés en clinique auraient, aux yeux de leurs parents, des problèmes avec leurs amis (Achenbach 1981) 

-Baisse de résultats scolaires, problèmes de consommation, absentéisme scolaire etc.

Il demeure important que l’adolescent réussisse à traverser cette période, non pas parce que ça fatigue les parents, mais parce que c’est une période charnière dans le développement et l’acquisition des habiletés de l’individu, le tout étant nécessaire à sa vie d’adulte.

Le suicide chez les adolescents
Le suicide est au deuxième rang de la liste des causes de décès chez les adolescents. C’est chez les 15-19 ans de sexe masculin qu’il y a le plus haut taux de suicide, soit 29.2% chez les garçons et 3.5 à 5/100 000 chez les filles.

Caractéristiques des jeunes à risques de suicide :
Incapacité cognitive à anticiper les conséquences futures
Pensée magique
Grandiosité primitive
Choix existentiel
Importance du concept de mort
Motifs du geste à évaluer

Facteurs de risques pour un trouble mental :
Voici la liste des facteurs de risques qui sont à surveiller pour déterminer si un adolescent pourrait avoir un trouble mental :

Histoire familiale
Histoire personnelle
Létalité du moyen utilisé
Armes disponibles
Sexe masculin
Facteur précipitant (rejet, humiliation, problème familial ou avec les pairs)
Tentatives antérieures
Abus d’alcool et de drogues
Problème d’identité sexuelle, grossesse
Concept de mort, fantaisies
Perception de la létalité
Diminution d’espoir
Colère perfectionnisme
Stress chronique
Isolation sociale

Évidemment l’histoire clinique de la personne est un facteur non négligeable.

Tous ces éléments précités, sont des indices à observer, ils ne sont pas automatiquement des preuves que votre fils ou votre fille concocte une maladie mentale, ils ne sont que des indices qui attirent notre observation de manière plus attentive et si nécessaire nous incitent à consulter.

Conclusions :
L’adolescence n’est pas une maladie, ce n’est qu’une des nombreuses phases du développement de l’Être humain. Cette période est un peu plus dérangeante et si nous essayons d’être à l’écoute certainement qu’ils nous apprendront beaucoup tant sur eux que sur nous.

Guide-info famille du CHU Sainte-Justine

 

L’AQPAMM peut vous aider
Nous sommes heureux si vous avez pu trouver dans cet article de l’information pertinente.
Nous sommes là pour vous aider, n’hésitez pas à nous contacter ! Nous vous proposons :

-De l’écoute téléphonique
-Des suivis individuels, de couple ou familiaux
-Des groupes de soutien
-Et beaucoup d’autres services !

 

 

Retour aux articles



Imprimer cette page